Saffré nous soutient !

Article Ouest France du 10 novembre 2025

Après une interpellation de l’association AIRE (Association intercommunale pour un retour à l’emploi), le sujet s’est invité à l’ordre du jour du conseil municipal de Saffré, jeudi 6 novembre. Comme de nombreuses structures d’insertion, l’association s’inquiète de la réduction de 14 % des crédits alloués à l’insertion par l’activité économique (IAE), soit environ 200 millions d’euros en moins à l’échelle nationale.

Selon les estimations, cette baisse représenterait 20 000 postes d’insertion supprimés et 60 000 personnes privées d’un accompagnement vers l’emploi.

« Ces dispositifs permettent à des publics très fragiles de retrouver une activité, une formation, un encadrement, et parfois tout simplement une place dans la société », a rappelé la maire, Marie-Alexy Lefeuvre.

Sur le terrain, l’association AIRE, très implantée dans le Nord Loire, emploie actuellement 94 personnes privées d’emploi, pour un total de 52 équivalents temps plein (ETP) en 2024. Faute de financements suffisants, ce chiffre pourrait tomber à 28,55 ETP en 2026.

L’association intervient dans de nombreux domaines : entretien des espaces verts, petits travaux de bâtiment, activités de réemploi en recyclerie… Elle rappelle que 78 % des sommes versées à ses salariés retournent à l’État sous forme de cotisations sociales. Malgré les efforts pour maintenir son activité, AIRE estime déjà à 53 000 € la perte de subventions sur deux exercices.

« Un enjeu économique social »

« Les conséquences sur le territoire seraient non négligeables », a souligné la maire, insistant sur le rôle de ces structures dans la vie locale. Moins d’équipes disponibles pour les chantiers d’insertion signifie aussi, pour les communes, un recours accru à des prestataires privés, souvent plus coûteux.

À l’unanimité, les élus saffréens ont adopté une motion de soutien aux structures d’insertion, demandant au gouvernement et aux parlementaires de revoir les dispositions du budget 2026. Le texte affirme le rôle essentiel des acteurs de l’insertion pour la cohésion sociale et économique du territoire.

« Ce n’est pas qu’un sujet social, c’est aussi un enjeu économique local, précise la délibération. Un euro investi dans l’insertion rapporte entre 1,8 et 2,40 € en recettes ou dépenses publiques évitées. »

En adoptant cette motion, Saffré espère que d’autres collectivités rejoignent ce mouvement pour appuyer le message adressé au gouvernement et rappeler l’importance des structures d’insertion dans la cohésion sociale et économique des territoires.